Reconnaître les bonnes idées pour innover

Lorsque la plupart des organisations tentent d’accroître leurs efforts d’innovation, elles semblent toujours partir de la même hypothèse : « Nous avons besoin de plus d’idées. »

Ils commenceront à parler de la nécessité de « sortir des sentiers battus » ou de penser « océan bleu » afin de trouver quelques idées qui peuvent se transformer en nouveaux produits ou systèmes viables.

Cependant, selon David Burkus, dans la plupart des organisations, l’innovation n’est pas entravée par un manque d’idées, mais plutôt par le fait de ne pas remarquer les bonnes idées déjà présentes.

Ce n’est pas un problème d’idée, c’est un problème de les reconnaitre.

L’innovation, une question de persévérance

Prenons quelques exemples bien connus de l’histoire.

Le laboratoire de recherche de Kodak a inventé le premier appareil photo numérique en 1975 mais ne l’a pas poursuivi. Au lieu de cela, ils n’y ont pratiquement pas prêté attention car Sony a développé un prototype différent et leur a volé sous le nez l’avenir de la photographie numérique.

Xerox a développé le premier ordinateur personnel, mais n’a pas suffisamment investi dans la technologie, ce qui a permis à Steve Jobs et Apple de saisir cette opportunité.

L’US Navy a rejeté 13 soumissions de William S. Sims concernant une nouvelle méthode de tir innovante. Ce n’est que lorsque Sims a fait appel au président Theodore Roosevelt que sa méthode améliorée a été reconnue.

Incertitudes vs l’Innovation

Ce ne sont pas seulement des exemples amusants de personnes intelligentes et d’entreprises bien établies qui se trompent de façon hilarante.

Ces exemples reflètent en fait un préjugé que nous partageons tous – un préjugé contre les idées nouvelles et créatives, même lorsque nous sommes confrontés à de petites incertitudes.

C’est ce qu’implique une étude publiée par une équipe de chercheurs financés par Wharton, sous l’égide de Jennifer Mueller.

Le sens de l’innovation mis à l’épreuve

Les participants ont passé deux tests. Le premier test a été conçu pour évaluer leur perceptions de la créativité et de l’aspect pratique.

Les résultats des tests ont démontré un biais négatif vers la créativité. Les chercheurs ont constaté que les personnes exposées à une petite quantité d’incertitude ont dit qu’elles appréciaient la créativité, mais en fait, ils ont favorisé les jumelages de mots pratiques plutôt que les jumelages créatifs.

La perception de l’innovation

Dans le cadre d’une autre expérience, dont les résultats ont été publiés dans le même article, on a même présenté un prototype pour une nouvelle chaussure de course aux participants placés en situation d’incertitude et ces derniers ont jugé le prototype nettement moins viable que le groupe témoin.

Si un tel préjugé négatif contre la créativité est présent en période d’incertitude, cela pourrait expliquer pourquoi de nombreuses innovations importantes ont d’abord été rejetées.

Ce que cela implique aujourd’hui est particulièrement pertinents, car peu de cadres prétendent ne pas travailler dans une industrie incertaine.

La même incertitude qui pousse les compagnies à innover peut également pousser les dirigeants d’entreprise à rejeter des découvertes qui pourraient potentiellement leur fournir un avantage compétitif. Les idées qui pourraient permettre aux compagnies de rester en vie sont trop rapidement tuer dans l’oeuf.

Une solution possible à ce problème « d’idées mortes dans l’oeuf  » est de changer la structure dans laquelle les idées se déplacent.

Au lieu d’utiliser la hiérarchie traditionnelle pour trouver et approuver les idées, le processus d’approbation pourrait être répandu dans toute l’organisation.

L’innovation à la portée… des employés

C’est l’approche adoptée par RiteSolutions de Rhode Island depuis près d’une décennie. Rite-Solutions a mis en place un « marché d’idées » sur son site web interne, sur lequel chacun peut publier une idée et l’inscrire comme « stock » sur un marché appelé « Mutual Fun ».

Chaque employé reçoit également 10 000 $ en monnaie virtuelle pour « investir » dans des idées.

En plus de l’investissement reçu, les employés travaillent bénévolement sur des idées de projets qu’ils soutiennent.

Si une idée recueille suffisamment de soutien, le projet est approuvé et tous ceux qui l’ont soutenu reçoivent une part des bénéfices du projet.

En quelques années seulement, le programme a déjà produit d’énormes gains pour l’entreprise, allant de petits changements incrémentiels à des produits dans des industries entièrement nouvelles.

Au cours de sa première année seulement, le « Mutual Fun » a représenté 50 % de la croissance des nouvelles affaires de l’entreprise.

Plus important que les revenus immédiats, le marché des idées a créé une culture où les nouvelles idées sont reconnues et développées dans toute l’entreprise, une démocratisation de la reconnaissance.

De plus, c’est un système basé sur l’hypothèse que tout le monde dans l’entreprise a déjà de bonnes idées et que le marché virtuel les aide simplement à trouver ces idées.

Ce n’est pas une idée-solution; c’est une reconnaissance-solution.

Sources

Innovation Isn’t an Idea Problem

Traduction d’un article écrit par l’auteur David Burkus
Version originale publiée le 23 juillet 2013 dans le Harvard Business Review

Consultez l’article sur « Défaire les barrières de l’innovation » pour en découvrir davantage sur les obstacles que l’on rencontre face à l’innovation.

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