Quelle approche de gestion choisir pour mieux gérer le changement dans votre entreprise?

Lors de l’implantation d’un changement, vous serez confronté à diverses attitudes, des plus enthousiastes aux plus réfractaires. L’ensemble de ces réactions forme ce que l’on appelle la « configuration organisationnelle », c’est-à-dire la dynamique de groupe et des rapports de forces, qui s’installent à l’implantation d’un changement.  

Cette configuration organisationnelle vous orientera dans le choix d’une approche de gestion plus conciliante ou plus contraignante. 

Quelle approche de gestion du changement pour mon organisation? 

Dans leur ouvrage Le pilotage du changement: une approche stratégique et pratique1, Collerette, Lauzier et Schneider ont identifié 6 grandes configurations organisationnelles. Les tableaux suivants présentent ces 6 configurations, leurs caractéristiques, les approches de gestion à préconiser, ainsi que les actions à éviter.  

Inspirez-vous de cette classification pour déterminer quelle stratégie de gestion vous sera la plus utile, mais gardez en tête que chaque situation est unique!

L’adhésion marquee 

• Organisation manifestement favorable au changement 
• Grand enthousiasme 
• Nouveauté, innovation, originalité et expérimentation 
• Collaboration, échanges et efforts soutenus 

Approche de gestion optimale pour la polarisation et l’ambivalence

En misant sur son leadership, le gestionnaire veille à : 
• Canaliser les énergies vers les objectifs poursuivis 
• Coordonner les efforts afin d’éviter l’éparpillement 
• Prévenir les risques (aveuglement, épuisement, démobilisation) 

À éviter : 

• Introduire des contraintes susceptibles de nuire à la progression

L’adhésion limitée 

• Organisation plutôt favorable au changement 
• Apparition de deux groupes : les « pour » (majoritaires) et les « contre » (minoritaires) 
• Pas d’enthousiasme marqué au fil de la progression 
• Progression lente dans la mise en oeuvre du changement 
• Responsabilité de réussir le changement : dans les mains des gestionnaires 

Approche de gestion optimale pour la polarisation et l’ambivalence

Le gestionnaire veille à : 
• Encadrer la résolution de problèmes 
• Miser d’abord sur son leadership, utiliser prudemment son autorité pour résoudre des litiges 
• Faciliter la tâche des supporteurs, les encourager, souligner leurs succès 

À éviter : 

• Tenir les choses pour acquises parce qu’il y a une majorité de « pour » 
• Miser sur la volonté des gens à assumer la réussite du changement 
• Consacrer beaucoup d’énergie aux opposants

La polarisation ou l’ambivalence 

Polarisation

• Présence de deux camps (pour et contre) de force comparable, se neutralisant 
• Alliances claires, climat tendu, difficile à gérer 
• Beaucoup de discussions, de conflits; on cherche à convaincre pour faire basculer l’appui 
• L’accent n’est plus sur le changement, mais sur les enjeux stratégiques 

Ambivalence

• La majorité n’arrive pas à prendre parti, elle y voit autant d’avantages que d’inconvénients 
• Peu de véritables opposants 
• Intérêt pour le changement, mais méfiance envers la gestion ou peur de l’inconnu 
• Situation d’attentisme : peu de volontaires, peu d’initiatives; on attend de voir les résultats 
• Regroupements spontanés pour échanger sans s’engager 

Approche de gestion optimale pour la polarisation et l’ambivalence

• Approche de petits succès : discrète, lente, mais constante 
• Petites cibles de changement 
• Soutien discret aux personnes volontaires, valorisation progressive des résultats positifs 
• Accroissement graduel de la masse de supporteurs 
• Le gestionnaire mise à la fois sur son leadership et son autorité 

À éviter : 

• Proposer un projet de grande envergure 
• Entraîner les gens dans de profonds débats 
• Donner beaucoup de visibilité aux supporteurs 
• Négliger les dissidents ou leur accorder une attention démesurée 
• S’attendre à des résultats rapides

L’opposition limitée 

•  Quelques leaders s’opposent au projet, une minorité y est favorable 
•  Climat de méfiance prononcé 
•  Le camp des contres : mieux organisé et plus bruyant 
•  Les dissidents tentent de faire échouer le projet principalement en «s’attaquant» à la gestion, puis en tentant de convaincre les supporteurs 
•  Supporteurs discrets et vulnérables aux pressions 
•  Communication difficile, taux d’absentéisme élevé, stress, diminution de la qualité 
• Rythme de projet lent 

Approche de gestion optimale pour l’opposition limitée  

Deux grandes solutions existent : 
• Recourir à l’imposition (à condition que les bonnes conditions soient réunies) 
• Renoncer à court terme à un changement d’envergure et adopter plutôt une approche par étapes, misant sur le compromis 
• Dans les deux cas : travailler avec les opposants pour trouver un terrain d’entente 

À éviter : 

• Éviter les opposants 
• Inciter les supporteurs à s’afficher davantage 
• Paraître intransigeant 

L’opposition marquee 

• Changement visiblement impopulaire; mise en œuvre très difficile 
• Opposition ouverte, systématique et organisée 
• Mouvement de masse : les leaders collaborent pour faire échouer le projet 
• Propos peu nuancés, cynisme 
• Les dissidents tentent de rallier les clients à leur cause 
• Les gestionnaires sont sur la défensive, font les « pompiers » 
• Rapports agressifs et distants 

Approche de gestion optimale pour l’opposition marquée 

Deux grandes solutions existent : 
• Recourir à l’imposition (à condition que les bonnes conditions soient réunies) 
• Opérer un retrait stratégique (retirer le projet et tenter de rendre l’organisation plus réceptive au changement)  

À éviter : 

• Faire semblant de ne pas voir les réactions négatives 
• Foncer à tout prix 

L’indifférence 

Dans les organisations apathiques : 
• Passivité, les gens limitent au maximum l’énergie investie 
• Scepticisme, aucune recherche de gratificationDans les organisations défaitistes : 
• Gens désabusés 
• Sans espoir ni confiance en la capacité de l’organisation à changerDans les deux cas : 
• Le véritable problème n’est pas le changement, mais la qualité de l’organisation 
• Très faible potentiel de succès 

Approche de gestion optimale pour l’indifférence

•Retrait stratégique, suivi de 2 mesures : 
• Travailler à rendre l’organisation plus réceptive 
• Utiliser l’approche des petits succès pour faire vivre des expériences positives et recréer un climat de confiance 

À éviter : 

• Se lancer dans une vaste opération de changement 
• Recourir à l’autorité (renforcerait la passivité) 

La gestion du changement implique la gestion de rapports humains, ce qui demande beaucoup d’écoute, d’empathie et de communication. N’hésitez pas à nous contacter pour en savoir plus.  

SOURCE: Pierre COLLERETTE, Martin LAUZIER et Robert SCHNEIDER (2013). Le pilotage du changement: une approche stratégique et pratique, 2e édition, 318 pages. 

Pourquoi et comment protéger sa propriété intellectuelle?

Comme dirigeant d’entreprise, vous croyez peut-être que vous n’avez rien à vous faire voler. Détrompez-vous; la propriété intellectuelle (PI) concerne aussi les PME. Qu’il soit question d’innovations, de marques de commerce, de procédés ou de dessins industriels, et même de secret industriel, en matière de PI, mieux vaut prévenir que guérir. 

Pourquoi protéger ? 

La propriété intellectuelle n’est pas seulement l’affaire des grandes entreprises. Pour votre PME, élaborer une stratégie de gestion de votre PI pourrait vous permettre de vous démarquer de la compétition. Par exemple, en brevetant votre innovation, vous obtiendrez le monopole de la fabrication, la vente ou l’utilisation pour une période pouvant aller jusqu’à 20 ans dans le ou les pays où votre brevet sera enregistré. Le brevet et l’enregistrement d’un dessin industriel vous assurent des droits exclusifs et par le fait même, un avantage concurrentiel face à vos compétiteurs. Par la suite, ces protections officielles deviendront sûrement aussi un argument de taille aux yeux des investisseurs intéressés à votre entreprise! 

Par ailleurs, l’enregistrement de votre marque de commerce vous conférera des droits sur les éléments liés à votre image de marque, soit les logos, noms de produits et services, et slogans. Sans cette protection, des entrepreneurs mal intentionnés pourraient librement imiter vos produits en utilisant vos couleurs et votre design, de façon à ce que les clients croient acheter chez vous.

Finalement, d’autres collecteront les fruits de votre labeur. Et si les clients sont déçus de la qualité des produits contrefaits, la réputation de votre entreprise s’en verra entachée. Dans ce même ordre d’idée, enregistrer vos dessins industriels vous conférera des droits exclusifs exécutoires, c’est-à-dire  que personne ne pourra fabriquer ou vendre votre dessin sans votre consentement. 

En ce qui a trait à la Loi sur le droit d’auteur, en plus de protéger toute œuvre originale littéraire, dramatique, musicale ou artistique, elle protège également les logiciels depuis 1998

Comment? 

D’abord, assurez-vous que votre innovation n’existe pas déjà. Pour ce faire, exploiter les nombreux moteurs de recherche destinés à ces fins. Explorez la base de données de l’Office de la propriété intellectuelle du Canada pour les brevets canadiens, celle du « Patent and Trademark Office » américain, la base de données mondiale sur les marques, celle de l’Organisation Mondiale de la Propriété Intellectuelle, ou abonnez-vous au fil RSS FreshPatents pour être averti des derniers brevets délivrés aux États-Unis. Vous devrez bien entendu répéter l’exercice pour chacun des pays où vous comptez vendre votre innovation. 

Lorsque plus aucun doute ne planera sur la légitimité de votre invention, assurez-vous de bien préserver votre secret jusqu’à ce qu’il soit officiellement enregistré (demandes d’enregistrement déposées). Il est très important de bien s’informer sur le processus d’enregistrement propre à vos besoins en ayant recours à des agents reconnus comme professionnels en PI. Attention : le travail ne s’arrêtera pas là! Une fois cette étape complétée, aucune autorité ne surveillera le marché à votre place. Ce sera votre responsabilité de voir à ce que votre propriété soit respectée. Par la suite, donnez-lui de la valeur. Un brevet ou un enregistrement de dessin industriel peut se vendre, faire l’objet de licences, de « monnaie d’échange avec la PI d’une compétiteur, ou encore servir de « gage de succès » pour aller chercher du financement. De même, une marque de commerce peut se vendre ou s’acheter. 

En bref, pour tirer profits de ses actifs en PI, on doit connaître la variété d’options en matière de protection de la propriété intellectuelle, ainsi que les lois des différents pays dans lesquels on transige, puis identifier le type de protection qui convient le mieux à ses besoins. Le domaine juridique demeure toutefois complexe pour la plupart d’entre nous. Si vous avez décidé d’aller de l’avant dans la protection de votre innovation, il est primordial d’engager un agent spécialisé en propriété intellectuelle, généralement par l’entremise d’un cabinet d’avocats.   

Sources : 
Démarquez-vous de vos concurrents : faites de la propriété intellectuelle votre meilleur atout 
Organisation mondiale de la propriété intellectuelle 
Office de la propriété intellectuelle du Canada 
Réseau juridique du Québec