Le codéveloppement est une approche de formation misant sur les échanges entre participants, qui vise l’amélioration des pratiques professionnelles. 

La méthode est simple : lors d’une séance de codéveloppement, les participants analysent attentivement une situation réelle vécue par l’un des participants, lequel agit à titre de « client ». Le groupe partage alors réflexions, expériences, connaissances, questionnements et conseils à propos du cas à l’étude. Ces interactions structurées et animées par une personne-ressource extérieure au groupe leur permettent d’élargir leurs capacités d’action et d’améliorer globalement leur pratique professionnelle. 

Les avantages du codéveloppement 

Les méthodes de formation telles que le codéveloppement professionnel sont reconnues pour avoir un grand impact sur la pratique, car elles demandent une implication authentique des participants. Voici les grands bénéfices que l’on peut tirer du codéveloppement : 

1. Améliorer sa pratique et devenir plus efficace 

Un des objectifs principaux de la méthode de codéveloppement est de faciliter la prise d’actions. À partir des interactions, le client dégage une ou quelques hypothèses d’action bien concrètes, réalisables à court terme. De plus, ce n’est pas seulement le client qui apprend de la séance, mais tous les membres du groupe, car plusieurs éléments du cas vécu par le client peuvent les interpeller. 

2. Se former en même temps que de travailler sur des dossiers réels 

On dit des participants à un groupe de codéveloppement « qu’ils travaillent en se formant et qu’ils se forment en travaillant ». Adrien Payette avance même avec humour que la méthode de codéveloppement s’avère « une approche de formation pour des gens qui n’ont pas le temps de se former ». 

3. Mieux saisir les enjeux reliés à son propre projet 

Le codéveloppement permet de mieux saisir ses propres enjeux, puisque la méthode exige d’exposer clairement la situation à l’ensemble des participants. Ceux-ci interrogent ensuite le client et peuvent même remettre en question sa vision, l’obligeant à définir plus précisément sa situation. 

4. Obtenir des idées nouvelles pour résoudre un problème 

Les participants qui jouent le rôle de consultants doivent tout mettre en œuvre pour aider « le client » à faire face aux défis qu’impose la réalisation de son projet. Comme plusieurs cerveaux s’activent à comprendre et à résoudre un problème, les perspectives se multiplient, et tous peuvent bénéficier des idées proposées par leurs pairs. 

5. Transfert de connaissances entre professionnels 

Dans un groupe de codéveloppement, les apprentissages découlent du partage d’expérience et de connaissances de praticiens. Les professionnels ne dépendent donc pas seulement de l’enseignement formel d’un expert et réalisent des apprentissages impossibles en contexte d’enseignement traditionnel. Ainsi, une séance de codéveloppement se combine très bien à une formation plus théorique, car les apprentissages réalisés sont différents et complémentaires. 

Le déroulement d’une séance de codéveloppement 

Selon l’Association québécoise du codéveloppement professionnel, une séance de codéveloppement se déroule selon un processus de consultation en 6 étapes : 

1. Exposé d’une problématique ou d’un projet 

2. Clarification de la problématique ou du projet: questions d’information 

3. Contrat sur le type de consultation 

4. Réactions, commentaires, suggestions pratiques des consultants 

5. Synthèse et plan d’actions 

6. Conclusion: évaluation et intégration des apprentissages par chacun des participants. 

Le codéveloppement est un bon exemple d’approche innovatrice qui facilite l’amélioration continue dans les entreprises, qui stimule les idées nouvelles et qui libère le potentiel d’innovation.

Sources : 
http://www.aqcp.org/a-propos-du-codeveloppement-professionnel/qu-est-ce-que-c-est- 
https://www.usherbrooke.ca/psychologie/fileadmin/sites/psychologie/espace-etudiant/Revue_Interactions/Volume_4_no_2/V4N2_PAYETTE_Adrien_p39-60.pdf 

PAYETTE, Adrien (2000). « Le codéveloppement, une approche graduée », Interactions, Vol. 4, no 2.